Une idée couramment entretenue est que nous serions tous manipulateurs. Quant est-il exactement?
Nous sommes, en tant qu’êtres humains, inévitablement des êtres relationnels. Nous avons, donc, tous tendance à nous influencer mutuellement. L’intention, cependant, que nous mettons derrière nos actions peuvent varier fortement en fonction de notre profil psychologique. Derrière nos comportements peuvent se cacher des motifs différents.
Alors? Qu’est-ce qui nous défini vraiment? Comment savoir si nous sommes une personne saine ou non?
Premièrement, souhaiter avoir un impact sur notre environnement est quelque chose de parfaitement normal. Nous désirons avoir de l’influence sur notre milieu mais aussi sur les êtres qui nous entoure. Souvenons-nous que le jeune bébé ne peut pas subvenir, seul, à ses besoins. Ils va tester, par toute une série d’attitudes, l’impact qu’il peut avoir sur le comportement de ses parents. Pour survivre, il va donc s’adapter aux personnes qui l’entoure. Il a besoin de nourriture, de chaleur, de protection et d’affection. Il mettra naturellement tout en œuvre pour obtenir satisfaction de ses besoins vitaux. Ces comportements sont considérés comme normaux et adaptés à la situation du nouveau-né.
En grandissant, l’enfant apprendra à satisfaire de plus en plus, de lui-même, ses besoins essentiels. Il continuera, cependant, d’interagir avec son milieu pour se nourrir affectivement. Il éprouvera, normalement, du plaisir à pouvoir combler les besoins des autres et à être lui-même une personne ressource pour son entourage. Il deviendra alors un adulte autonome et empathique capable de partager avec les autres en toute confiance et en toute bienveillance.
Cependant, certains êtres humains, pour survivre, sur base d’un milieu peu satisfaisant, s’orienteront plutôt vers l’utilisation des autres. La manipulation deviendra, au fur et à mesure des années, leur mode de fonctionnement. Ce développement pathologique pourrait atteindre les extrêmes du manque complet d’empathie et de la jouissance face à la douleur des autres. Cet individu, se sentant généralement être de peu de valeur, pourrait rechercher une reconnaissance à travers le regard de ses pairs. Il donnera, alors, une place prépondérante aux apparences et n’hésitera à se jouer des émotions de son entourage. Le besoin lancinant de se prouver son existence pourrait donner lieu à un désir de toute puissance, jusqu’à souhaiter avoir le droit de vie ou de mort sur son prochain. Ne reconnaissant pas l’autre comme sujet, il l’utilisera comme un objet dans le seul but de trouver un court soulagement à son vide existentiel.